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AGRISENEGAL accompagne un fond d'investissement

 

AGRISENEGAL, le partenaire de l'agro-industrie, accompagne une hedge funds qui souhaite investir au Sénégal et dans 4 autres pays en développement.

 

En Août 2008, AGRISENEGAL a été sélectionné par une hedge funds basée à Paris. Ce un fond d'investissement de plusieurs dizaines de millions d'Euros sera investi dans la production agricole de 5 pays : Europe de l'Est, Amérique Latine et Afrique de l'Ouest. Le gouvernement sénégalais a initié ces dernières années une politique incitative pour les investisseurs nationaux et étrangers. Le statut des entreprises franche d'exportation et le code des investissements, complété par le programme de la GOANA (Grande Offensive pour la Nourriture et l'Abondance, en attente de parrution de décret) accorde des exonérations douanières et un taux d'imposition des bénéfices nul ou réduit, les premières année suivant la création de l'entreprise.

L'analyse économique des produits agricoles fait ressortir les points suivants :

- Le Sénégal importe plus ou moins 50 % de ces besoins en céréales, en fruits et en légumes, en provenance d'Asie, l'Argentine, de Hollande, du Maroc...

- Les cours intérieurs des produits agricoles sont 40 à 100 % plus élevés que les cours mondiaux. Ceci est du, aux coûts du fret maritime (20 à 30 €/tonne) et de la logistique à la sortie du port de Dakar, aux marges des négociants internationaux et des importateurs et aux droits de douane et de TVA élevés pour certains produits (7,7 à 42 %).

- Les cours des produits agricoles sont soumis ces dernières années à des tensions sur les marchés. "Après une flambée des prix des céréales et des huiles en 2006 et 2007, les prix ont retrouvé, en six mois, leur niveau de la fin de 2006. Mais il s'agit de prix encore élevés si l'on se réfère au début du millénaire", note Catherine Mollière au Crédit agricole (source Les dossiers de l'actualité, mars 2009). 2008 aura été une excellente année de récoltes. Mais les stocks sont encore faibles et risquent d'être à l'avenir insuffisants, pour couvrir l'accroissement démographique mondiale - 50 millions d'individus supplémentaire chaque année - et la forte croissance économique de l'Asie. La Chine et l'Inde, grands exportateurs de riz jusqu'à la fin des années 90, ont considérablement réduits leurs exportations. Ils sont contraint, certaines années, d'importer pour couvrir leurs fortes demandes intérieures.

Après un long travail de prospection et d'analyse, AGRISENEGAL a présenté en décembre 2008, des études technico-économiques prenant en considération les contraintes locales de 6 filières de productions. Trois de ces filières, concernent la production de légumes de contre saison, sous abris ou en plein champ, destinés à l'exportation vers l'Europe : tomate cerise, cocktail et grappe, melon charentais vert et haricot vert. Trois autres filières, concernent la production de céréales et de légumes de plein champ, destinés au marché local : maïs grain, riz et oignon. Le riz et l'oignon sont respectivement la première céréale et le premier légume consommés au Sénégal.

La plupart de ces filières dégagent une rentabilité du capitale investi compris entre 10 et plus de 30 %, à partir de la 5ème année d'exploitation. Cette rentabilité est plus importante encore, lorsque les aménagements hydro-agricoles, les bâtiments d'exploitation et les silos de stockage sont entièrement amortis, au delà de la 8ème année. Cependant, les contraintes pour l'implantation de sociétés de production au Sénégal, comme dans la plupart des pays d'Afrique, sont nombreuses, du fait de l'absence d'opérateurs économiques performant et donc de filières structurées :

- La procédure d'attribution des terres est le principale facteur limitant. Au Sénégal, la terre agricole ne pouvant actuellement faire l'objet de titre foncier, l'investisseur ne peut apporter son outil de production comme caution auprès des banques. De ce fait, les prêts accordés aux agriculteurs sont limités : prêts de campagne et prêts à moyen terme, pour l'acquisition de matériel agricole, à des taux d'intérêts élevés - couverture du risque de non recouvrement - assortis le plus souvent de nantissement sur des biens immobiliers. Seuls ces derniers peuvent bénéficier d'un titre foncier : bâtiments d'exploitations et stations de conditionnement. D'autre part, l'attribution des terres agricoles, confiée aux présidents des communautés rurales, est gratuite. La mise en valeur après attribution doit se faire dans les 5 ans. Cependant, aujourd'hui, la plupart des terres inexploitées du delta et une grande partie des terres de la moyenne vallée ont été attribuées, parfois moyennant finance, à des villages, des politiciens, des fonctionnaires et des hommes d'affaires. Ces attributaires n'ont le plus souvent, ni les compétences, ni les moyens de mettre en exploitation ces terres. Aussi, ils se transforment en intermédiaires auprès des exploitants agricoles, avec des contre parties respectables - priorité d'embauche pour les habitants du village attributaire, financement de projets sociaux - ou moins respectables : bakchich, pressions diverses sur l'entreprise... La société de production peut se trouver piégée dans des relations conflictuelles, pendant de nombreuses années. ex. : absence de toute la main d'oeuvre du village pendant plusieurs jours à la suite de mariages, décès ou fêtes religieuses, ingérance des chefs de villages dans la gestion du personnel de l'entreprise, etc...

- Les distributeurs Afrique des fabricants de matériels agricoles et leurs concessionnaires locaux à Dakar n'ont pour la plupart aucune expérience de la mécanisation des grandes cultures irriguées (coton, maïs, riz, soja...) et des légumes de plein champ (maïs doux, melon, oignon, patate douce, tomate d'industrie...). Hormis la distribution de tracteurs et de moissonneuses basiques pour la riziculture, de déchaumeurs à disques et de remorques, ils ne sont généralement pas en mesure de proposer et encore moins de conseiller les outils spécifiques à chaque filière : semoirs pneumatiques, pulvérisateurs traînés ou automoteurs, moissonneuses équipées de cueilleurs et de broyeurs pour le maïs, roues en fer pour la riziculture, pivots pour l'irrigation du maïs ou de l'oignon, matériels de conditionnement pour les légumes d'exportation, silos à céréales, etc...

- La formation professionnelle, dans le domaine de la production et du machinisme agricole et de la conservation des produits alimentaires est quasiment inexistante. La formation des techniciens et ingénieurs agricoles n'est pas en adéquation avec les attentes de l'agriculture moderne.

- Hormis les lignes maritimes d'AEL, avec une disponibilité en fret incertaine, il n'existe qu'une seule ligne maritime hebdomadaire au départ de Dakar, tous les lundis, à destination d'Anvers. Une ligne supplémentaire est indispensable en milieu de semaine, afin d'assurer une expédition régulière des légumes de contre saison, sans risquer de perdre 50 % de la production au champ. Pour cela, les compagnies maritimes estiment qu'une escale ne peut être programmée sans un minimum de 50 à 60 conteneurs, ce qui nécessiterait de doubler la production actuelle en fruits et légumes exportés par le Sénégal. Cette situation devrait donc perdurée encore plusieurs années. Dommage, lorsque l'on sait que le Maroc, suite à l'épuisement de ces ressources en eau dans la région d'Agadir et une main d'oeuvre de plus en plus rare attirée par des secteurs d'activité plus rémunérateur - BTP, tourisme, industrie - commence à céder sa place de leader, sur certains produits : haricot vert depuis cette année et dans un avenir proche tomate cerise, asperge, maïs doux...

Aussi, pour la première phase du projet, les productions maraîchères de contre saison n'ont pas été retenu. Par contre, les productions à destination du marché local ont retenu l'attention des financiers. La société de production, qui devrait voir le jour à la fin de l'année 2009, sera basée dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Dans la forme actuelle du projet, l'objectif à l'horizon 2013 est de produire 40 000 t de maïs grain, 15 000 t de riz paddy et 6 000 t d'oignon précoce et de garde. Les surfaces exploitées seront respectivement de 2 000, 1000 et 120 ha, à raison de 2 cycles par an pour les céréales. La société disposera également d'une capacité de stockage de 15 000 t de céréales, de 3 000 t d'oignon et d'une unité de décorticage du riz. Ces produits agricoles sont destinés à la consommation humaine sur les marchés locaux et à participer au développement de la filière avicole, une priorité du gouvernement sénégalais. Ce projet devrait créer environ 50 emploies directe, pour la plupart qualifiés : techniciens et ingénieurs agricoles, conducteurs de machines agricoles, mécaniciens et personnel administratif. Un centre de formation interne sera intégré au projet, afin de former le personnel de l'entreprise. Les premières années, l'encadrement de la société et la formation sera assuré par 5 expatriers et des intervenants extérieurs, en partenariat avec les fournisseurs de matériel agricole. Il est également prévu d'intégrer une unité d'expérimentation agronomique et de produire une partie des semences, destinées à approvisionner le marché local.

Le souhait des fondateurs est de participer au développement économique et social de la région. Un fond social, cogéré par les employés de la société et les représentants des habitants des villages proches des exploitations, est d'or et déjà budgété. Dans un deuxième temps, un transfert de technologies appropriées pourra être entrepris auprès des exploitants agricoles de la vallée. Les considérations environnementales ne sont pas homises. Le maïs sera conduit selon la méthode des Techniques Culturales Simplifiés, sans labour. Après une période transitoire de 3 à 5 ans, nous espérons pouvoir maîtriser les techniques de semis directe sous couvert végétale - agriculture de conservation - avec pour objectif de limiter l'érosion, de diviser par 2 les apports d'engrais chimique et d'accroitre la fertilité naturelle des sols. Ceci nécessitera de développer des techniques innovantes, en provenance d'Argentine et des États Unis d'Amérique, en collaboration avec des centres de recherche français et sénégalais comme le CIRAD, Arvalis, l'ISRA et le CDH. Outre l'utilisation d'un matériel agricole spécifique, il sera nécessaire de définir la meilleure rotation et d'introduire des engrais verts.

Ce projet à donc pour ambition de relever le défis d'une agriculture sénégalaise moderne, à la fois intensive et respectueuse de l'environnement. Avec l'aide des paysans sénégalais, l'on peut espérer contribuer durablement à atteindre l'autosufisance céréalière du pays et à l'émergence de filières agricoles dynamiques et profitables. Tout dépendra de l'accueil et de l'intérêt que portera le monde rurale sénégalais à ce projet, qui ce veux ouvert sur le monde qui l'entoure.

  F. Grandry                

 

 

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