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Au semis, l’apport d’engrais phosphaté est indispensable pour la plupart des sols de la vallée du fleuve Sénégal. Le désherbage est l’opération la plus délicate de la culture du riz.
Le déchaumage en terrain frais, dès la récolte du précédant cultural, permet d’obtenir une terre meuble sur 10 à 15 cm. Un décompactage du sol est pratiqué toutes les 2 à 3 campagnes pour obtenir un sol fissuré sur 30 cm de profondeur. Une préparation trop superficielle, un sol compact en profondeur limite le développement racinaire et donc le rendement. Pour améliorer la levée et en vue d’une mécanisation des opérations culturales - semis, épandage et traitement en casier submergé - un passage de rouleau avant la mise en eau est conseillé.
La semence est prégermée dans des sacs de jute au 2/3 remplis. Lors de la mise en eau de la parcelle, elle est plongée dans l’eau 24 h et mis sous bâche 24 à 36 h, jusqu’à l’apparition du germe. Le semis à la volée est réalisé dans une lame d’eau de 5 cm, manuellement ou à l’épandeur d’engrais avec un tracteur équipé de roues squelettes. Trois à quatre jours après semis, la parcelle est asséchée pour favoriser la levée.
L’objectif est d’obtenir un peuplement de 200 à 250 plantes par mètre carré avec une répartition homogène sur l’ensemble de la parcelle.
Un apport de 300 kg d’urée couvre les besoins de la culture. L’ADRAO conseil 3 apports :
- 120 kg début tallage.
- 120 kg début montaison, stade épis 1 cm.
- 60 kg à l’épiaison.
Le fractionnement en 3 apports au lieu de 2 permet un grain de rendement de 0,5 t/ha. Les épandages se fond à l’épandeur d’engrais ou manuellement, sur sol asséché ou dans une lame d’eau maintenue à 5 cm pendant 3 à 4 jours.
Un apport de phosphate est indispensable pour la plupart des sols de la vallée. Le phosphate d’ammoniac 18-46 donne des résultats équivalents au superphosphate 45 complété par le l'urée. L’apport recommandé par l’ADRAO est de 100 kg/ha, à épandre lors du premier assèchement, 3 à 5 jours après semis. L’épandage peut se faire également quelques jours avant la mise en eau en enfouissant l’engrais. En absence de fumure phosphatée, le rendement est fortement réduit, l’égrenage en cas de récolte retardée est important et le taux de riz blanc à l’usinage est faible.
Un désherbage soigné est la condition primordiale à l’obtention d’un rendement élevé. En culture repiquée, l’arrachage manuel des adventices peut être pratiqué. Cependant, la généralisation d’herbicides efficaces et bon marché, associée à la pratique du semis direct, permet aujourd’hui l’exploitation de surfaces plus importantes, avec une très bonne maîtrise de l’enherbement.
Un bon riziculteur intervient dès la première année d’exploitation d’un casier, afin d’éviter les montées à graines de graminées (Echinochloa) et de dicotylédones ainsi que la multiplication de bulbes ou de rhizomes : cypéracées, thypha... Avant semis, l’utilisation d’un désherbant total est de règle dès la présence de plus de 1 à 2 adventices/m² voir «Destruction des herbes levées avant le semis »). L’autre règle essentielle est d’intervenir très tôt contre Echinochloa car la plupart des produits sont peu efficaces sur des graminées de plus de 3 feuilles. Aujourd’hui, l’adoption de programme de désherbage comprenant 2 traitements se généralise dans de nombreux pays rizicoles :
- le 1er au semis ou au stade 1 feuille contre Echinochloa.
- le 2ème au stade 2 à 4 feuilles contre les dicotylédones et les cypéracées.
Le tableau 4 présente la liste des principaux herbicides sélectifs du riz. Le propanil associé au 2.4.D sont les matières actives les plus utilisées dans la vallée. Le Ronstar, un herbicide antigerminatif, est également très utilisé au Sénégal pour les cultures mises en place par repiquage. Il est épandu à la bouteille en goutte à goutte dans l’eau de la rizière, la veille de la plantation.
| Nom commercial | Matière active | Dose ha | Stade du riz | Herbes sensibles | Observation |
|---|---|---|---|---|---|
| Nombreuses spécialités 3500 CFA/l |
Propanil 360 g/l |
4 l
7 l |
8 à 12 jours après semis 14 à 20 jours après semis |
Echinochloa (1 à 3 feuilles) Dicotylédones (Cypéracées) |
Graminées de 1 à 3 feuilles.Maintenir une lame d’eau 24 h après traitement de 10 cm pendant 7 jours. |
| Nombreuses spécialités 5 000 CFA/l |
2.4.D 750 g/l |
0, 4 l 1 l |
8 à 20 jours après semis
plein tallage |
Cypéracées Dicotylédones |
En mélange avec le Propanil. Traitement de rattrapage. |
| Basagran DPP 8 000 CFA/l |
Bentazone 333 g/l + Dichlorprpo-P 233 g/l |
3 l | plein tallage | Cypéracées Dicotylédones Heteranthera |
Traitement de rattrapage en rizière parfaitement asséchée. Remise en eau 2 à 3 jours après traitement. |
| Clincher | Cyhalofop-butyl 200 g/l |
1 l | 8 à 30 jours après semis | Echinochloa (1 à 5 feuilles) |
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| Facet SC | Quinchlorac 250 g/l |
2,4 l ou 1,2 l + 1,2 l |
8 à 18 jours après semis
20 + 30 jours après semis |
Echinochloa (1 à 3 feuilles) Echinochloa (4 à 5 feuilles) |
Traiter sur terre humide (2-3 cm d’eau). Attendre 2 jours pour la mise en eau. En mélange avec Propanil. |
| Gulliver 160 000 CFA les 100 g |
Azimsulfuron 50 % |
40 g | 14 à 20 jours après semis | Echinochloa Dicotylédones |
Pulvérisation dans 1 à 2 cm d’eau. Nécessite un plannage des parcelles au LASER. |
| Londax 45500 CFA les 100 g |
Bensulfuron méthyl 60 % |
80 g | 10 à 25 jours après semis | Cypéracées Dicotylédones (Echinochloa) |
Pulvérisation dans l’eau à la bouteille. Pas de mouvement d’eau pendant 5 jours. Persistance d’action de 45 à 60 jours. |
| Ordram Molinam 5000 CFA/l |
Monilate 750 g/l 75 g/kg |
4 à 8 l 40 à 80 kg |
Au semis | Echinochloa | Pulvérisation dans l’eau à la bouteille. Pas de mouvement d’eau pendant 5 jours. Traitement à la poudreuse ou à l’épandeur d’engrais. |
| Ronstard 25 15 000 CFA/l |
Oxadiazon 250 g/l |
2 l 3 l |
Pré-semis
Pré-plantation |
Echinochloa Dicotylédones |
Pulvérisation dans l’eau à la bouteille. Attendre 10 jours et remettre en eau pour semer. |
| Setoff | Cinosulfuron 20 % |
400 g | 10 à 25 jours après semis | Cypéracées Dicotylédones (Echinochloa) |
Pulvérisation dans 5 à 10 cm d’eau à la bouteille. Pas de mouvement d’eau pendant 5 jours. |
| Sofit | Prétilachlore 240 g/l + Fenchlorime 120 g/l | 4 l | 2 à 10 jours après semis, riz pointant à 2 feuilles |
Echinochloa Cypéracées de semis Dicotylédones |
Pulvérisation dans 5 cm d’eau à la bouteille. Pas de mouvement d’eau pendant 3 jours. |
Le riz est très sensible à l’infestation d’adventices en début de culture. Aussi, le semis se fait impérativement en sol parfaitement propre, soit moins de 1 à 2 herbes germées / m² et aucune à un stade supérieur à 2 feuilles. L'enherbement des casiers avant la mise en culture est contrôlé avec des herbicides totaux essentiellement à base de glyphosate, tel que Roundup, Touch Down, Kalach... Ces produits sont absorbés par les feuilles et véhiculés jusqu'aux racines qui dépérissent en quelques jours. L'efficacité de ces herbicides est fortement renforcé par l'acidification et l'ajout d'un adjuvant (voir "Agronomie, Partie I : Phytosanitaires"). Les modalités d'application sont les suivantes :
En présence de graminées à un stade entre 1 à 3 feuilles, appliquer 1 à 2 l/ha d’une spécialité commerciale contenant 380 g/l de glyphosate + acide + adjuvant. Deux jours après l'application, mettre en eau le casier (3 à 5 cm), vidanger et remettre en eau pour procéder au semis.
Cette méthode est utilisée sur les parcelles dont les herbes sont montées à graine l’année précédante, en présence de bulbes ou en cas d’infestation de riz sauvage. Environ 10 jours après une pré-irrigation, la parcelle est labourée par 2 passages d’offset croisés et immédiatement mise en eau. Un assec est pratiqué 8 à 10 jours après pour permettre un traitement herbicide avec 1 l/ha de Ronstar et de 3 l/ha d’une spécialité commerciale contenant 380 g/l de glyphosate + adjuvant + acide. Deux jours après le traitement, la parcelle est maintenue en eau pendant 8 jours avant d’être semée.
La destruction des plantes vivaces tel que les cypéracés et le chiendent est pratiquée de préférence lorsque la végétation est en floraison, soit généralement juste après la récolte du riz. Appliquer 6 à 8 l/ha d’une spécialité commerciale contenant 380 g/l glyphosate + adjuvant + acide. Un délai de 7 jours est nécessaire avant d’entreprendre le travail du sol. Pour des parcelles très infestées, les bulbes de cypéracés et les rizomes de chiendent enfouis en profondeur et en dormance lors de l'application de l'herbicide peuvent nécessiter une deuxième application.
L’introduction d’une culture, en contre saison froide par exemple, permet de limiter le développement des plantes aquatiques tels que les cypéracées. La patate douce est très cultivée dans les pays d’Asie dans les rizières argilo-sableux. Plantée de novembre à décembre et récolté mai, elle produit de haut rendement (20 à 30 t/ha). Le sorgho et le maïs sont également des cultures adaptées aux rizières, quelque soit le type de sol. Les hybrides développés au Sénégal permettent des rendements de 6 à 8 t/ha de grains en culture irrigué avec un cycle de 80 à 110 jours. Tous ces cultures constituent de bons aliments pour le bétail.
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