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La rentabilité d'une culture de tomate est en grande partie déterminée par les conditions climatiques. Les climats océaniques, de part leurs faibles amplitudes de températures jour / nuit et un fort ensoleillement sont les plus favorables. Les grandes zones de production de tomate sous serre à travers le monde sont souvent situées en bordures maritimes.
Le Rayonnement Global (RG) nécessaire à une culture de tomate plantée à une densité de 2,4 bras/m² est d’environ 150 joules/cm²/jour et par bouquet à une température moyenne de 17°C1, soit environ 1000 joules pour les 7 bouquets généralement présent sur une plante en pleine production. Le besoin en RG croit avec l'augmentation de température. Il est d'environ 1300 joules/cm²/jour pour une température moyenne de 23 °C. Comme le montre le graphique suivant, la production d’assimilâts est maximale pour une température moyenne de 20 °C. Elle est élevée pour une plage de température plus large, entre 17 et 23 °C. Le manque de lumière a des conséquences non négligeables sur le rendement et la qualité. Par exemple, les défauts de coloration sur fruits (blotchy) sont très souvent liés à un manque de RG. La viabilité du pollen est également affectée lorsque le rapport lumière sur température est défavorable.
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La transpiration foliaire dépend du climat et plus particulièrement du déficit de saturation de l'air en vapeur d'eau. Ce déficit s'exprime en g/kg d'air sec. Pour la tomate, l'optimum se situe entre 4 et 8 g3.
| Déficit de saturation | Transpiration foliaire | Conséquences |
|---|---|---|
| inférieur à 4 g | Transpiration faible : air trop humide | Carences minérales
Sur fruits : éclatements, défauts de coloration Conditions favorables aux maladies |
| 4 à 8 g | Transpiration optimale | Croissance et développement optimal |
| supérieur à 8 g | Stress hydrique : air trop sec | Diminution de rendement Sur fruits : petits calibres, microfissures |
Pour un air à 100 % d'humidité relative, le déficit de saturation est de 0 g. Comme le montre le tableau suivant, un déficit de 4 à 8 g correspond à des humidités relatives qui évoluent en fonction de la température. Par conséquent, plus le climat est chaud et plus l'humidité relative dans l'abris doit être élevé pour permettre à la plante une transpiration optimal et donc d'assurer sa croissance. En Espagne, le gain de rendement des serres canariennes équipées d'ouvrants et d'une gestion climatique automatisée à l'aide de sondes de température et d'humidité est en moyenne de 35 %.
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Agadir |
Dakhla |
St. Louis |
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| Nbre de bouquets / semaine | 0,7 |
0,9 |
1,3 |
Cependant, les températures de nuit élevées et la présence fréquente d’harmattan en octobre impliquent de réaliser des plantations tardives. La nouaison du 1er bouquet sans trop de risques n’est possible qu’à partir des 1ers jours de novembre. Ceci correspond à une plantation de mi octobre pour une entrée en production vers le 5 décembre. Avant, il existe un risque de perdre 1 ou 2 bouquets.
En février ou mars, une période d’Harmattan de 10 à 15 jours peut également faire perdre 1 ou 2 bouquets. Les serres équipées de brumisation permettent de maintenir une bonne production pendant cette période. Entre la mi-avril et la mi-mai, une deuxième vague de chaleur est généralement préjudiciable à la culture. Certaines années, cette 2ème période d’harmattan est peu importante et la culture peut-être maintenue jusqu’à la fin du mois de mai.
Pour plus d'informations sur la comparaison entre le climate d'Agadir et de Saint Louis, consulter la rubrique "La Région de Saint Louis".
Les filets accumulent une grande quantité de poussière réduisant la transmission lumineuse dans l'abri. Cette réduction qui peut dépasser 50 % est d'autant plus préjudiciable que la couleur dominante marron des filets résulte d'une soustraction de couleurs pour la plupart utiles à la photosynthèse, comme le jaune et l'orange. Dans la pratique, les filets se salissent en quelques jours et il convient de les laver régulièrement et de les maintenir parfaitement propre en décembre et janvier. L'aspersion est réalisée très tôt le matin pour profiter des heures les moins ventées et permettre au feuillage de sécher rapidement.
Au delà, 1600 joules/cm²/jour il est souhaitable de réduire la transmission lumineuse dans l'abri afin de limiter l'échauffement des plantes par un rayonnement direct, préjudiciable à la production. L'optimum est un ombrage de 20 à 25 % de couleur noir, donc homogène sur l'ensemble du spectre lumineux. Dans la pratique, pour la région de Saint Louis, l'ombrage est géré en lavant les filets afin de maintenir une légère accumulation de poussière en période de fort ensoleillement.
Les abris adaptés au climat du Sénégal diffèrent légèrement des serres canariennes marocaines et espagnoles. L’absence de pluie pendant le cycle de production et un climat naturellement chaud dispensent l’emploie de plastique en toiture. Le filet 20x10 assure à la fois une protection contre la mouche blanche et le vent, important dans cette région à certaines périodes, et l’obtention d’un climat humide favorable au développement des cultures. Les filets d'un maillage inférieur sont à proscrire, même si la culture n'a pas besoin d'être protégée contre la mouche blanche, car ils ne permettent pas de créer un climat suffisamment confiné. Le filet 22x10 permettrait peut-être un meilleur climat mais à ce jour leur qualité de fabrication reste insuffisante. Pour maintenir un climat homogène il convient également d'éviter les déplacements latéraux de masses d'air au sein des blocs de serres. Les parois sont donc constituées de préférence d'un plastique 200 µ blanchi à la chaux. Elles contribuent à limiter les entrées de poussière, d'acariens, d'aleurodes et de thrips.
Malgré un coût non négligeable, investir dans une installation de brumisation est une sécurité en période chaude et ventée pour éviter la perte de 2 à 3 bouquets par campagne en début et fin de cycle pour les plantations précoces (septembre) et améliorer la qualité de la production. Une bonne installation permet un gain de 10 à 15 % d'hygrométrie et un abaissement de la température de 2 à 5 °C par rapport à une serre sans brumisation. Les producteurs espagnols considèrent que lorsque l'hygrométrie extérieur est faible (inférieur à 30 %) une hygrométrie de 50 % dans la serre est suffisante. Les agronomes conseils une hygrométrie plus élevée mais dans la pratique très difficile à atteindre avec ce type d'installation. Le programmateur peut être réglé de façon à enclencher les cycles de brumisation lorsque la température est supérieure à 16 / 20 °C et l'hygrométrie inférieure à 60 / 70 %.
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